BTS BLANC de la semaine du 9 janvier 2012
Faites une synthèse organisée des documents suivants :
1) - Michel Bernard, "Sport", Encyclopaedia Universalis.
2) - Jacques JULLIARD, « Tout est faux dans le foot », Le Nouvel Observateur, n° 1233 - 24/30 juin 1988.
3) - Alain Ehrenberg, entretien au Nouvel Observateur, n° 1776, 19 novembre 1998.
4) - Claude Serre, Le sport, 1977 (couverture, édition Glénat)
TEXTE 1.
En fait, le schéma constitutif de la technique sportive (compétition/rendement/mesure/record) reproduit le processus même du système de production capitaliste, avec son impératif majeur de
rendement maximal (pour le profit maximal) et par suite de mesure dans le cadre d'une concurrence effrénée. Cela explique, d'une part, que le sport moderne soit né officiellement en Angleterre à
l'aube de la révolution industrielle (le capitalisme anglais a rendu aux Français sous forme de sport ce qu'il leur avait emprunté comme jeu), d'autre part, qu'apparaissent une mécanisation, une
spécialisation et une taylorisation croissantes des techniques sportives, de plus en plus indissociables des techniques de production, et, parallèlement, une réduction du corps à sa fonction
instrumentale de machine.
Du même coup, se dévoile l'arrière-fond idéologique du phénomène sportif: celui-ci emprunte ses valeurs et ses
mythes à l'idéologie du système qui l'a fait naître et le soutient, c'est-à-dire à la classe dominante qui assure l'existence et la pérennité du système. C'est ainsi qu'en prenant une majuscule
et s'universalisant, le sport s'identifie aujourd'hui à une éthique et à une philosophie de l'homme, que certains, comme Bouet, croient inhérentes à l'essence même de celui-ci. D'où la charge
affective, émotionnelle, exaltante de l'épithète « sportif », ou culpabilisante de l'épithète de « non sportif ». Cette éthique est celle qui s'exprime dans la valorisation de l'effort, du
dépassement de soi dans la souffrance même, de la discipline dans l'entraînement, de la soumission à l'intérêt du groupe, du respect du chef et, bien plus et surtout, du respect de l'adversaire
dans une pratique loyale, comme le préconise le concept britannique de fair play. En fait, cette notion, associée à celle de l'exigence de compétition, résume le code d'honneur de cette nouvelle
«chevalerie» qu'est, selon M. Maheu, le sport moderne. Le sport représente une forme sublimée, et par là justificatrice, de la pratique économique du capitalisme : nécessité de la concurrence, de
la productivité, de la hiérarchie du pouvoir et de la discipline avec la cohésion du groupe qui lui est indispensable. Le sport se recrute, dit Maheu, dans toutes les classes et tous les peuples
et les brasse fraternellement à travers la terre entière. Il est, en ce sens, le mythe sécurisant de la réconciliation et, à la limite, de la suppression des luttes de classes, de races et de
nations. On comprend dès lors l'utilité de la caution apportée par une telle mystique humaniste du sport au fonctionnement réel des sociétés capitalistes actuelles; utilité d'ailleurs consacrée
par l'importance présente du phénomène olympique et la solennité de son cérémonial. On comprend aussi, et surtout, que le sport (avec ses rites et ses idoles) soit devenu dans l'ensemble de la
culture contemporaine le substitut laïque des aspirations religieuses des masses, le mode le plus accessible, bien que le plus illusoire, de la communion collective.
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Michel Bernard, "Sport", Encyclopaedia Universalis.
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TEXTE 2.
[L'article est écrit au lendemain du HYPERLINK "http://fr.wikipedia.org/wiki/Drame_du_Heysel" \n _blankdrame du Heysel.]
Tout est faux désormais dans le foot, dans la joie qui se veut délirante du marqueur après le but, dans ces obscènes empilements de joueurs qui se forment alors, dans ces convulsions de
l'avant-centre prétendument fauché dans la surface de réparation: dans ce ciel salué à genoux, ou cette terre que le dirigeant vainqueur embrasse mystiquement. De sorte que ce que l'on attend
désormais d'un arbitre n'est plus de sanctionner des fautes mais de faire la part entre ce qui est sincère et ce qui est simulé. Il n'est plus le juge d'application de la règle, c'est un
psychologue de plein air, ou encore un habile diplomate qui négocie avec la foule hurlante l'équilibre politique des penalties. Voilà pourquoi nous ne nous amusons plus au football, dépassé par
ses enjeux, paralysé par la peur. Marquer des buts n'est même plus l'objectif essentiel; dans la plupart des matchs, c'est un accident exceptionnel, qui vient troubler l'ordonnancement et la
finalité même de la partie : la nullité! Mais il y a plus grave; il y a la place croissante prise par le foot dans notre univers politique : naguère langage universel, aujourd'hui espéranto de
notre déchéance ! A qui, débarqué d'une autre planète, voudrait goûter en une seule soirée à toutes nos névroses d'aujourd'hui, on ne saurait conseiller plus rapide initiation qu'un match de
football. Il y trouverait réunies la plupart des maladies sociales dont nous souffrons : la violence, la triche, le fric et l'ennui.
Le
général Pinochet est un précurseur méconnu. Transformer les stades en camps de concentration, voire d'extermination, était apparu d'abord comme une provocation sinistre, une dérision paradoxale.
Erreur: cela n'était qu'une anticipation. Pinochet, comme son voisin argentin Videla, avait compris la vraie nature du football. La tuerie du Heysel n'est pas un accident isolé, la suite l'a
montré. Le football britannique s'efforce, week-end après week-end, de rééditer un exploit aussi mémorable. Le football, c'est la guerre en champ clos. D'énormes forces de police sont là pour
encadrer des combattants bottés, casqués, vêtus d'uniformes, brandissant des matraques, voire des explosifs. Pour mieux se préparer à l'affrontement, ils ont absorbé, comme jadis les poilus
montant à l'assaut, d'énormes quantités de vinasse et de bière, qui font régner en permanence dans les tribunes de tous les stades du monde cette inimitable odeur de vomissure et de déjections.
J'ai à peine besoin d'ajouter que la plupart des footballeurs professionnels sont devenus des mercenaires sans âme et sans honneur, qui le soir du Heysel ne craignirent pas de slalomer entre les
cadavres et les blessés pour remplir leur contrat, tandis que les télévisions, qui avaient payé pour cela, s'empressèrent de retransmettre ces macabres ébats. Au moment où j'écris ces lignes, le
championnat d'Europe en est à environ huit cents personnes interpellées. C'est ce que Jacques Georges, président de L'UEFA, appelle une « Europe propre ».
Alors vivre sans football ? L'idée d'une année sans football, comme celle d'une journée hebdomadaire sans télévision, devrait être examinée. A moins
qu'à l'instar des Mayas du Mexique précolombien nous décidions de sacrifier aux dieux, dans les jeux sacrés de la balle, les membres de l'équipe victorieuse. Cela aurait au moins pour avantage de
nous délivrer de la race obsédante des vainqueurs.
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Jacques JULLIARD, « Tout est faux dans le foot », Le Nouvel Observateur, n° 1233 - 24/30 juin 1988.
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TEXTE 3
Le Nouvel Observateur. - Pourquoi est-on tellement attaché à cette image de pureté du sport, alors qu'à l'évidence il s'agit d'un leurre ?
A. Ehrenberg. - Parce que la compétition sportive est le seul domaine où l'on peut conjuguer harmonieusement la concurrence et la justice. La
compétition permet de dénouer, dans l'imaginaire, la contradiction entre égalité de principe des hommes devant la loi et les inégali tés de fait. Dans le sport, ce serait en effet toujours le
meilleur qui l'emporterait. C'est ce que j'appelle la « juste inégalité ». Le dopage surgit comme une infraction à cette loi égalitaire.
N.
O. - Idéalement, le sport permettrait donc de sublimer la loi de la jungle ?
A. Ehrenberg. - La compétititon, c'est en théorie un affronte
ment dans le respect de règles transparentes et à ciel ouvert. Elle dessine donc un univers purifié de toute interférence sociale. Du coup, le Sport permettrait de sortir de la drogue ou de
diminuer la violence dans les banlieues. Bref, il civiliserait le barbare. En réalité, le sport est un monde où tout est organisé pour dépasser ses propres limites. D'où la difficulté à
distinguer ce qui relève de la préparation médicale et de l'artifice du dopage.
N. O. - Au-delà du sport, qu'est-ce qui fascine, dans le
dopage ?
A. Ehrenberg. - Le mot « dopage» est associé à l'idée de stimulation de soi. Nous ne sommes alors ni tout à fait dans la drogue,
qui modifie les états de conscience et relève de la dualité permis-défendu, ni vraiment dans le médicament, associé à la maladie. Un vaste espace intermédiaire s'est donc développé à bas bruit
où, pour gérer des difficultés quotidiennes de toutes sortes, nos contemporains peuvent utiliser des substances légales, prescrites ou illicites qui modifient les perceptions. Elles permettent d'
« assurer » et facilitent l'action malgré l'angoisse, la fatigue ou l'inhibition. Cette gestion de nos dysfonctionnement rend floue la distinction entre « se soigner » et « se droguer ». Le
dopage n'est finalement que la formule la plus courante donnée à ces pratiques très répandues visant à la modification et l'amélioration de soi-même.
N. O. - En somme, nous sommes tous concernés par le dopage !
A. Ehrenberg. - Je répondrai par une
question : faut-il traiter toute dépression, voire toute souffrance psychique par un médicament ? On critique la médecine parce qu'elle surprescrirait des pilules psychotropes pour des gens qui
ne sont pas de « vrais » malades. Mais comment distinguer entre le malade qui souffre, qu'il faut soulager, et celui qui pourrait se prendre en charge ? D'autant que l'on dispose de produits peu
dangereux et efficaces pour alléger des symptômes multiples : nous avons déjà les anxiolytiques qui relèvent depuis une quinzaine d'années d'une « automédication sur prescription médicale ». Nous
utilisons maintenant une nouvelle génération d'antidépresseurs. Toutes ces molécules sont devenues des aspirines mentales.
N. O. -
L'ïmaginaire de la drogue s'est donc profondément transformé.
A. Ehrenberg. - Sans aucun doute. Le premier âge de la drogue de masse - les
années 60 - est marqué par la rébellion contre l'autorité et la société capitaliste. L'individu cherchait alors les bonnes vibrations pour explorer un autre monde et de nouvelles images de
lui-même. Aujourd'hui, la drogue est plus proche d'une autothérapie. Il s'agit de démultiplier ses capacités. Dans une société d'action et d'initiative indi viduelle, il ne suffit plus d'être un
bon garçon obéissant. Il faut se dépasser sans cesse, ce qui correspond d'ailleurs exactement à l'idéal toxicomaniaque. Voyez l'entreprise: on prend moins de congés maladie et davantage de
psychotropes depuis le milieu des années 80, comme l'a relevé la médecine du travail. Compenser ses dysfonctionnements ou ses insuffisances devient décisif pour rester socialisé dans une société
où les normes exigent de la réussite et où les échecs se paient comptant. En un mot, le dopage traduit la vérité de la drogue aujourd'hui : une manière d'être dans une culture de concurrence
interindividuelle permanente où l'on vous demande moins d'obéir que d'être à la hauteur. Pas étonnant que le sport soit devenu depuis les années 80 un modèle pour l'esprit d'entreprise, qu'il
s'agisse des stages « hors limites » ou du sponsoring sportif. Le docteur Jean-Paul Escande évoque le plaisir du sportif à voir son corps se transformer avec l'EPO et à éprouver une
toute-puissance. Oui, on est bien là dans l'univers de la drogue.
N.O. - D'où une certaine généralisation des substances dopantes ?
A. Ehrenberg. - Disons que ce sont les dépendances qui tendent à s'élargir. Ces addictions ne se définissent plus seulement par la relation
à un produit, mais par un comportement compulsif : la consommation, le jeu, l'amour peuvent à leur tour relever de l'addiction. L'addiction exprime une tendance à fusionner avec un objet, peu
importe qu'il s'agisse de nourriture, d'amphétamines ou d'un partenaire sexuel. La passion est une drogue dure, elle détruit le sujet. L'intérêt pour les conduites addictives est d'ailleurs
contemporain de l'attention porté aux dépressions. Au cours des années 70, les psychanalystes, entre autres, disent en observer de plus en plus. Pas des névrosés classiques, mais des gens qui
n'arrivent pas à penser leurs conflits et qui ressentent une impression de vide et d'impuissance. C'est le sentiment de ne pas être à la hauteur qui domine, et la honte prend la place de la
culpabilité propre aux névroses classiques. On parle de « pathologies narcissiques » et de « vide dépressif ». D'où la tendance de ces patients à adopter des comportements addictifs pour se
remplir de quelque chose et se stimuler. Nous sommes entrés dans une société où l'individu est souverain, mais en contrepartie il est marqué par l'incertitude. Il doit trouver en lui-même ses
propres repères. Si, selon Freud, l'homme devient névrosé parce qu'il ne peut supporter les exigences de la civilisation, on peut avancer que l'homme contemporain est attiré vers la dépression
comme par un aimant parce qu'il doit supporter l'illusion que tout lui est possible.
Alain Ehrenberg, entretien au Nouvel Observateur, n° 1776, 19 novembre 1998.DOCUMENT 4
Claude Serre, Le sport, 1977 (couverture, édition Glénat).
– Faites un commentaire en vous basant sur la problématique suivante :
Dans quelle mesure le sport peut-il être dangereux ?
Je vous propose le développement de Camille élève de BTS MUC dans mon centre de formation. La seule chose que je reprocherais à ce devoir c'est la conclusion qui ne contient pas d'exemple du
programme.
Synthèse de CAMILLE
Pratiquer un sport est un échappatoire essentiel aux soucis, au travail en un mot au stress. Pourtant la lecture de l'oeuvre de Michel BERNARD intitulée « sport » nous en donne une tout
autre image. Ce dernier, en effet, assimile la technique sportive au système de production capitaliste dont le seul intérêt est le rendement. Jacques JULLIARD dans « tout est faux dans le
foot » paru dans le Nouvel Observateur de juin 1998 met l'accent sur la violence, la tricherie et l'argent générés par le football. Alain EHRENBERG, de son côté, dans son entretien au Nouvel
observateur du 19 novembre 1988 met en évidence une pratique récurrente dans le sport c'est-à-dire l'absorption de substances dopantes. Enfin Charles SERRE dans « le sport » montre en
couverture un athlète dont le corps a été remodelé par la pratique du sport. Cependant pourquoi pratiquons-nous le sport et quelles sont les dérives liées au sport sont les questions que nous
nous poserons.
Le sport apparaît comme une forme de dépassement de soi, il permet de nous sublimer et d'aller au-delà de nos limites. C'est ce que nous démontre Michel BERNARD dans son article paru dans
l'Encyclopedia Universalis intitulé « le sport ». Alain EHRENBERG semble abonder dans son sens dans l'interview auquel il a répondu dans le Nouvel Observateur lorsqu'il dit que le sport
est un monde où tout est organisé pour dépasser ses propres limites. Le sport apparaît par ailleurs comme un enjeu social. Les barrières disparaissent, c'est un facteur de rassemblement des
peuples, un facteur de cohésion sociale. Michel BERNARD, au travers de son texte intitulé « le sport » nous explique que le sport est pratiqué par tous. Il estime qu'il se produit un
brassage fraternel qui fait disparaître toute classe sociale. Le sport purifie notre univers de toute interférence sociale et permet de ramener le calme dans les banlieues, espace dirait-on de
violence comme l'affirme Alain EHRENBERG.Les « bodybuilders » comme le montre la couverture de Claude SERRE nous renseignent sur la pratique de ce sport qui vise à remodeler le corps.
La culture physique très répandue révèle des corps sculptés, magnifiques et souvent très impressionnants. Aussi, la pratique du sport se mesure non seulement par les vertus du bien-être mais
aussi par les valeurs de respect de l'adversaire et de loyauté. Le concept du fair-play britannique nous le démontre, en effet Claude SERRE dans « sport » met l'accent sur la discipline
et le respect de l'adversaire. En d'autres mots il cherche à nous expliquer qu'il faut reconnaître ses faiblesses lorsqu'on est vaincu et avoirn en mémoire toute ces valeurs qui sont la base même
du sport.
Cependant ce sport dont il est question nous révèle d'autres aspects. Michel BERNARD dans « le sport » paru dans Encyclopedia Universalis assimile le système de production capitaliste à
la technique sportive dont la finalité est le profit maximal dans une concurrence hors norme. Les corps humain est réduit, l'espace d'une compétition, à une machine. Il faut produire pour
maximiser les efforts ou se dépenser sans compter pour sortir vainqueur de la compétition. Alain EHRENBERG souligne le fait que le dopage engendre une sorte de concurrence. A défaut d'être à la
hauteur, il faut obéir. Le sportif, pour Alain EHRENBERG, est depuis les années 80 un modèle pour l'esprit d'entreprise. Ainsi se doper est synonyme de puissance, se dépasser pour être au dessus
des autres par la drogue bien entendu. Il poursuit en nous informant sur le mot « dopage » car certains sportifs utilisent ces « drogues » à tort.C'est une stimulationde soi
pensent certains. Il n'y a plus de différences entre « se doper » et « se droguer ». Le sport, le football en particulier est montré comme un espace de violence, de triche,
d'argent et d'ennui comme le dénonce Jacques JULLIARD dans son œuvre intitulée « tout est faux dans le foot » paru dans le Nouvel Observateur en juin 1988. Des simulations en tout genre
sont orchestrées par les avants-centres dans les surfaces de réparations afin d'obtenir un penalty. Cette tricherie se manifeste par le biais du dopage. Pourquoi est-on tellement attaché à cette
image de pureté du sport ? Alors qu'à l'évidence il ne s'agit que d'un leurre. Cette question du Nouvel Observateur à Alain EHRENBERG nous éclaire sur le sujet. Le sujet du dopage apparaît
comme le moyen, aussi illégal soit-il, de monter sur le plus haute marche du podium. Jacques JULLIARD dans son œuvre met l'accent sur la violence dans les stades : le cas du HEYSEL où les
spectateurs ont suivi en direct des milliers de morts. Les stades, poursuit-il, sont souvent transformés en camps d'extermination. Les batailles dans les stades se multiplient occasionnés par des
individus ivres, armés dont les forces de l'ordre essaient de contenir. Alain EHRENBERG part de cette analyse pour mettre en évidence la violence physique des sportifs vis à vis d'eux-mêmes
lorsqu'ils ingurgitent des substances illicites pour se sublimer. Le sport apparaît comme un enjeu économique en ce sens que les footballeurs sont devenus de véritables machines à gagner de
l'agent. Jacques JULLIARD dénonce le fait qu'ils sont prêts sans état d'âme, à signer des contrats mirobolants. Seul le profit, amasser le plus d'argent possible est leur soucis. L'illustration
de Claude SERRE dans le sport nous renseigne sur une autre forme de pratique du sport. Le sport exhibition pour lequel les athlètes sont entraînés et souvent surdimensionnés physiquement montrent
leurs muscle. Cette pratique auparavant utilisée pour entretenir le physique apparaît comme un moyen aujourd'hui d'exposer son corps.
La pratique du sport, moyen de se libérer des contraintes pesantes de la vie et de maintenir un bien-être physique peut aussi générer des dérives. Cependant le sport malgré tout reste un
excellent facteur de rapprochement et de cohésion sociale. Afin que le sport retrouve toutes les valeurs qui sont les siennes : équité, fair-play, respect et bien d'autres encore, ne
serait-il pas urgent que les instances internationales pensent, ne serait-ce que , à réduite ou mettre un frein aux dérives de la gangrène.
Commentaire : le sport peut-il être dangereux ?
Le sport est fédérateur et bénéfique, il nous distrait et nous motive mais ne représente-t-il pas dans certains cas un danger potentiel ? Avant de répondre à cette question nous tenterons de
découvrir les raisons pour lesquelles nous le pratiquons.
On pratique un sport pour conserver un certain équilibre mais aussi une bonne santé, RABELAIS dans « Gargantua » nous présente un jeune élève qui pour conserver son équilibre, malmené
par de nombreuses heures d'étude, se rend dans les prés pour jouer à la balle. Isabelle QUEVAL dans son « essai sur le sport contemporain » dit, d'ailleurs, que la santé ne peut
dépendre que de l'équilibre. D'autre part MONTAIGNE dans « les Essais » parle d'éduquer ensemble le corps et l'esprit. On pratique le sport également pour allier qualités physiques et
morales et par la même occasion rendre fier, Isabelle QUEVAL dans « Essai sur le sport contemporain » parle des militaires du temps de l'Antiquité et dit qu'ils devaient allier force et
grandeur morale, Albert CAMUS dans « la Belle Epoque » parle de la fierté d'appartenir à un club. D'autre part lorsqu'on lit l'Article 1 de la Charte Olympique rédigée en 1896, on peut
lire que la pratique du sport est fondée sur la joie et l'effort, qu'elle nécessite une valeur éducative et des principes éthiques. On peut pratiquer un sport pour dépasser ses limites, Raphaël
ENTHOVEN dans « Philosophie de la corde à sauter, quand le sport mène au dépassement de soi » décrit la pratique de la corde à sauter et les tourments que le corps endure lorsqu'on
pratique ce sport. Il en est de même pour Haruki MURAKAMI dans « autoportrait de l'auteur en coureur de fond » qui s'est dépassé en courant au point que l'effort lui a permis de se
libérer de toute pensée. Le sport se pratique également pour réussir, Eric MAITROT et Karim NEDJARI dans « l'histoire secrète des bleus, de la gloire à la désillusion » parle de la
naissance du « foot business », de l' « apprentissage de l'argent », Marie GUICHOUX dans « handball les clefs du paradis » retrace les aventures sportives de
l'équipe française de Handball qui cumule les victoires, enfin une photo du jeune Anton Neudakine, gymnaste russe montre les efforts que le jeune athlète a fait pour réussir à mener son équipe à
la victoire. Son corps très développé pour un jeune adolescent laisse penser que l'entraînement a été difficile, c'est cette abnégation par le sport que dénonce Jean GIONO, ce sport qui permet de
correspondre à un idéal,dans les « Terrasses de l'Ile d'Elbe » il déplore d'ailleurs que l'on mettre le sport au premier rang de l'échelle des valeurs. Mathias ROUX dans « Socrate
en crampons » se demande si le stade est le reflet de la société, Philippe DELERM semble pour sa part convaincu dans « la tranchée d'Aremberg » que le sport est un idéal pour ceux
qui ont peu de moyens, qui ont un quotidien difficile. Car le sport permet de démocratiser. La Charte Olympique de 1896, article 5, exclut toute forme de discrimination. Georges VIGARELLO dans
« l'esprit sportif aujourd'hui : des valeurs en conflit » dit que le sport met en scène une pureté toute particulière dont l'égalité des chances. Le sport peut enfin avoir un rôle
émancipateur, Abnousse SHALMANI dans « la longue marche des femmes vers le sport dénonce la présence peu significative des femmes dans certains pays. Xavier MONNIER dans « quand
l'homosexualité et football ne tournent pas rond » dénonce la difficulté que rencontrent les homosexuels lorsqu'ils veulent intégrer le milieu du football.
Le sport peut-il en dépit de tout cela se révéler dangereux ?
Lorsqu'il devient enjeu social par exemple, selon Mathias ROUX dans « Socrate en crampons » le stade est le reflet, l'écho de la société. Philippe DELERM dans « la tranchée
d'ALEMBERT » explique que le supporter n'hésite pas à définir son appartenance en fonction du partage strict entre amis d'un côté et ennemis de l'autre, il ajoute que de nombreux éléments,
souvent négatifs, indique que le stade de football se situe dans le prolongement du monde social ordinaire. Le sport peut également devenir un enjeu idéologique, il peut exercer sur nos esprits
une sorte de fascination. Antoine BLONDIN dans « l'ironie du sport, chronique de l'Equipe » explique que le sport exerce sur nos esprits une sorte de fascination qui fait penser que le
champion doit absolument gagner. Si on revient en arrière aux JO de 1936 par exemple qui ont révélé le champion Jesse OWENS on se rappelle que le film de Leni RIEFENSHAHL n'a relaté que la
présence de sportifs Ariens servant ainsi la propagande d'Hitler. Un autre côté négatif du sport est l'enjeu économique, Isabelle MONIN dans « on refait le match sociologie des
crampons » explique que les stars de la coupe du monde de 1998 n'ont pas eu le temps de se former à une autre valeur que celle de l'argent. On se rappelle qu'après la coupe du monde de
nombreux joueurs ont fait de la publicité, Zinédine ZIDANE par exemple a travaillé pour la marque Leader Price et puis pour un fabricant de lunettes. Voctor Hugo parle dans « l'homme qui
rit » d'une époque lointaine où les riches se servaient des plus pauvres pour les faire combattre jusqu'à se faire des blessures irréversibles ou même mourir. Isabelle QUEVAL dans « le
sport, petit abécédaire philosophique » explique l'attrait des sponsors pour les sportifs et les sommes colossales qui sont échangées lors des rencontres). Chantal JOUANNO, ancienne Ministre
des Sports, mais aussi sportive de haut niveau est inquiète des dérives financières liées au sport en particulier la corruption liées aux paris sportifs. Le sport peut également et surtout
dangereux lorsqu'il y a la preuve de l'utilisation de dopants pour modifier son corps ou gagner. Lou BARRIE bodybuilder australien a travaillé un grand nombre d'heures pour sculpter son corps
dont les muscles semblent hypertrophiés. Le cyclisme et les affaire « Lance Amstrong » mais aussi « Festina » ont dénoncé le dopage, d'ailleurs la déclaration choc de Yannick
NOAH à propos de la légalisation de la « potion magique » a agité le milieu sportif il y a quelques jours.Enfin le sport peut se révéler extrêmement dangereux quand il génère des
soutiens violents et prône l'intolérance. Patrick MIGNON dans « Hooliganisme en France » dénonce les exactions des supporters ultras. On se rappelle le drame du Heysel le 29 mai 1985 en
Belgique. Laurent MAVIGNIER dans la « Foule » un récit romancé met en scène deux supporters italiens venus encourager leur équipe au Heysel qui assistent impuissants au drame.
Pratiquer un sport est positif puisque cela signifie s'entretenir, avoir un bon équilibre physique et mental. Le sport est souvent signe de démocratisation, de réussite et d'idéal mais il faut
faire attention aux dérives financières, idéologiques ou encore violentes qui bien souvent le spolient. Lorsqu'en 1993, une affaire de corruption éclate dans le monde du football mettant en
accusation l'équipe de Marseille et son président de l'époque Bernard TAPIE, c'est une grave désillusion pour les supporters, en effet des joueurs de Valencienne vont avouer à terme avoir été
invités par des membres de l'équipe adverse à lever le pied en échange d'une somme d'argent..
btsblancmentvotre,
sylvie