Mercredi 4 janvier 2012
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Dans quelle mesure le rire peut-il être une résistance ?
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– Préparation du travail avec un brainstorming
Rire : thérapeutiqueDelphine DELARUE, Fabien
FOURNIER
social : Dany BOON, Gérard OURY
naturelRaymond DEVOS
moquerie : La Bible, FLAUBERT
séduction : Giuseppe TOMASI di LAMPEDUSA
incontrôlé : BENABAR
arme : Georges MINOIS
théâtral : LABICHE, MOLIERE, IONESCO
Caustique et
satirique : Charlie
Hebdo, Hara Kiri
pour
dédramatiser : Primo
LEVO, Roberto BEGNINI, Vahé KATCHA, Charlie
CHAPLIN
peut-il :
liberté
expression : Macha SERY,
Charlie Hebdo, Hara Kiri, Stéphane
GUILLON vs BESSON, Sylvie CASTER
résistance :
contre la
société : Primo LEVI,
Roberto BEGNINI, Charlie Hebdo
contre la
politique : François
MOREL
contre le tragique de note
condition : BEAUMARCHAIS,
Eric SMADJA
Contre le stress et
l'âge : Delphine
DELARUE
Contre la
maladie : Association
Docteur CLOWN, Monsieur Nez Rouge
Contre les
oppressions : Jean-Michel
RIBES, Claire ANDRIEU, Germaine
TILLON, Georges MINOIS
Contre les
préjugés : Umberto ECCO,
Macha SERY, L'humour JUIF p.147
Plan :
Pourquoi rit-on ?
Le rire peut-il être une résistance ?
Développement de la synthèse
Le rire est naturel et inévitable, c'est un phénomène irrépressible, il est signe de détente et d'amusement, il semble en tout cas la chose la mieux partagée au
monde mais peut-il être aussi une résistance ? Avant de répondre à cette question nous nous interrogerons sur la raison pour laquelle nous rions.
Rire est automatique chez l'homme qui ne peut contrôler ses zygomatiques. D'ailleurs, BENABAR dans « le fou rire » explique la difficulté de résister à un
fou rire. Raymond DEVOS dans « Matière à Rire » traite de la libération corporelle que le rire déclenche . Le rire a une fonction sociale il rassemble et distrait, Dany BOON et
Gérard OURY n'ont-ils pas rassemblé des millions de spectateurs en proposant des films comme « Bienvenue chez les ch'tis » ou encore « la grande vadrouille » ? Car le
rire peut aussi être un élément de cohésion sociale, comme une arme, autrefois nous raconte Georges MINOIS, face à l'ennemi on riait pour montrer sa supériorité. Le rire a donc une fonction de
rassemblement mais aussi parfois pour exclure, le petit Charles BOVARY n'en est-il pas victime le jour de la rentrée scolaire exposant aux yeux de ses camarades sa gaucherie et sa casquette
extravagante ? Fabien FOUNIER dans « entreprises au bord de la crise de nerf » donne au rire une fonction thérapeutique et tente de libérer les employés d'entreprises de leur
stress. Delphine DELARUE nous parle de Clémentine DUNNE une ancienne comédienne qui, elle aussi, utilise le rire comme moyen thérapeutique auprès des salariés mais aussi des seniors. On rit pour
séduire également, l'humour de Tancredi dans « le Guépard » de LAMPEDUSA est destiné à charmer Angélica. Le rire revêt parfois des côtés plus caustiques lorsqu'il devient humour noir,
les revues satiriques Hara Kiri et Charlie Hebdo en sont l'exemple, encore récemment leurs provocations ont fait réagir. Le rire sert aussi à dédramatiser des fait graves, les guerres, les
conflits. Charlie CHAPLIN a inventé en 1940, donc en pleine seconde guerre mondiale, un dictateur nommé Hynkel qui ressemble traits pour traits à HITLER. En rendant HYNKEL ridicule CHAPLIN tente
bien sur de dénoncer le danger mais aussi de dédramatiser la situation politique et la guerre, Primo LEVI et Vahé KATCHA ont fait de même. Le rire a enfin une fonction de divertissement. Le
théâtre de MOLIERE l'illustre parfaitement avec le « Bourgeois Gentilhomme » par exemple qui nous présente un Monsieur JOURDAIN prêt à tout pour être considéré comme un noble. LABICHE
dans « un chapeau de paille d'Italie » utilise la surdité de l'oncle VEZINET pour amuser le spectateur. Même le théâtre de l'absurde proposé par IONESCO et pourtant bien différent du
vaudeville, entraîne les spectateurs dans un délire orchestré de main de maître par une Cantatrice chauve qu'on ne voit jamais et qui n'a probablement jamais existé.
Mais la principale fonction du rire n'est-elle pas la résistance ?
Les sociétés qui nous ont précédé et celle dans laquelle nous vivons aujourd'hui ont subi des mutations qui ont fait réagir les humoristes et écrivains. Georges
MINOIS dans « Histoire du rire et de la dérision » nous explique que le rire est un frein au despotisme. Roberto BEGNINI en nous offrant une histoire liant un père à son fils dans
l'univers concentrationnaire montre à quel point résister c'est ignorer. En effet, le père cache la réalité à son enfant afin que celui-ci ne prenne pas conscience de la fatalité. A sa manière le
père résiste contre l'oppression en la mettant de côté et en la travestissant. Fatalité, thème qui est repris par Delphine DELARUE lorsqu'elle parle des ateliers de Clémentine DUNNE destinés à
faire oublier aux seniors le stress lié à l'âge. L'ancienne comédienne travaille d'ailleurs aussi sur le stress accumulé par les salariés d'entreprise qui ont du mal à le combattre, la jeune
femme va alors mener un combat avec eux pour les aider à résister à cette maladie du XXIe siècle. Les Associations « Docteur CLOWN » et « Monsieur Nez Rouge » résistent,
elles, contre la maladie des enfants leur offrant des visites et des distractions destinées à leur faire oublier leur quotidien. Le rire peut-être une résistance également contre le tragique de
notre condition. BEAUMARCHAIS nous montre un Figaro qui exerce avec brio la dérision liée à ses déboires professionnels, le Comte qui l'écoute pense d'ailleurs que Figaro a une vraie philosophie
de vie. Eric SMADJA dans le même ordre d'idées parle des Iks un peuple de montagne vivant en Ouganda qui a pour habitude de rire de sa pauvreté, de sa difficulté à se nourrir. L'auteur nous
explique que les IKS sont peu nombreux mais qu'en dépit de la famine ils ont réussi à survivre, il pense que « le rire a participé à la survie psychique de l'ethnie ». Le rire peut
également être une résistance contre les préjugés. Il y a quelques années un jeune chanteur KAMINI nous racontait son histoire de jeune « black » à la campagne au travers d'une chanson
où il se mettait en scène aux côtés d'agriculteurs. Pascal Légitimus dans son spectacle « Alone man show » mais aussi dans son film « Antilles sur Seine dénonce les idées reçues
des métropolitains sur les antillais. Umberto ECCO dans « Au nom de la Rose » nous présente un moine Jorge de Burgos qui contrôle la bibliothèque et refuse que les autres moines lisent
des œuvres qui font rire il pense que « le rire déforme les linéaments du visage et rend l'homme semblable à un singe », Guillaume entre alors en résistance contre ces propos qui vont à
l'encontre de la liberté.
On rit de bon cœur, seul ou de concert, pour de bonnes ou de mauvaises raisons sans que parfois on puisse contrôler ses zygomatiques. On peut aussi faire du rire
une arme de résistance contre le mal, l'oppression, la guerre, la souffrance, la moquerie tout ce qui nous fait souffrir. Germaine TILLON en écrivant au Camp de Ravenbrück où elle était enfermée
« le Verfügbar aux enfers » a fait un bel acte de résistance à la barbarie nazie, un réel acte de survie. En écrivant cette ode au rire, Germaine TILLON veut affirmer, selon Claire
ANDRIEU qui écrivit en 2005 un texte sur la résistante, une identité culturelle directement menacée par l'entreprise de réduction à l'état de loque et de fumée » orchestrée par les
nazis.
enrésistantmentvotre,
sylvie