A l'oral de rattrapage en français au Bac Pro il y a donc deux possibilités au cours du tirage au sort en français comme je vous l'ai expliqué précédemment.
Soit vous tirez un sujet de français (3 chances sur 4 environ)
Soit vous tirez un sujet d'histoire Géo
Si c'est l'histoire géo le jury vous impose un sujet à développer (exemple : la guerre froide)
Si c'est le français il y a deux possibilités :
- soit vous tirez "oeuvre littéraire" ou "oeuvre cinématographique"
- soit vous tirez "groupement de textes"
Dans le premier cas vous vous exprimez sur l'oeuvre littéraire ou cinématographique que vous avez préparée (voir articles précédents)
Dans le second cas j'ai pensé à un groupement de textes qui pourrait convenir étant donné qu'il traite d'auteurs appartenant à une époque riche.
Le sujet général de ce corpus serait "Le roi au centre des préoccupations de la Cour"
- LA FONTAINE "LA COUR DU LION"
Sa Majesté Lionne un jour voulut connaître
De quelles nations le Ciel l'avait fait maître.
Il manda donc par députés
Ses vassaux de toute nature,
Envoyant de tous les côtés
Une circulaire écriture,
Avec son sceau. L'écrit portait
Qu'un mois durant le Roi tiendrait
Cour plénière, dont l'ouverture
Devait être un fort grand festin,
Suivi des tours de Fagotin.
Par ce trait de magnificence
Le Prince à ses sujets étalait sa puissance.
En son Louvre il les invita.
Quel Louvre ! Un vrai charnier, dont l'odeur se porta
D'abord au nez des gens. L'Ours boucha sa narine :
Il se fût bien passé de faire cette mine,
Sa grimace déplut. Le Monarque irrité
L'envoya chez Pluton faire le dégoûté.
Le Singe approuva fort cette sévérité,
Et flatteur excessif il loua la colère
Et la griffe du Prince, et l'antre, et cette odeur :
Il n'était ambre, il n'était fleur,
Qui ne fût ail au prix. Sa sotte flatterie
Eut un mauvais succès, et fut encore punie.
Ce Monseigneur du Lion-là
Fut parent de Caligula.
Le Renard étant proche : Or çà, lui dit le Sire,
Que sens-tu ? Dis-le-moi : parle sans déguiser.
L'autre aussitôt de s'excuser,
Alléguant un grand rhume : il ne pouvait que dire
Sans odorat ; bref, il s'en tire.
Ceci vous sert d'enseignement :
Ne soyez à la cour, si vous voulez y plaire,
Ni fade adulateur, ni parleur trop sincère,
Et tâchez quelquefois de répondre en Normand.
Jean de La Fontaine. Livre VII
.
- LA BRUYERE "De la Cour" Les Caractères
L'on parle d'une région où les vieillards sont galants, polis et civils ; les jeunes gens au contraire, durs, féroces, sans moeurs ni politesse : ils se trouvent
affranchis de la passion des femmes dans un âge où l'on commence ailleurs à la sentir ; ils leur préfèrent des repas, des viandes, et des amours ridicules. Celui-là chez eux est sobre et modéré,
qui ne s'enivre que de vin : l'usage trop fréquent qu'ils en ont fait le leur a rendu insipide ; ils cherchent à réveiller leur goût déjà éteint par des eaux-de-vie, et par toutes les liqueurs
les plus violentes ; il ne manque à leur débauche que de boire de l'eau-forte. Les femmes du pays précipitent le déclin de leur beauté par des artifices qu'elles croient servir à les rendre
belles : leur coutume est de peindre leurs lèvres, leurs joues, leurs sourcils et leurs épaules, qu'elles étalent avec leur gorge, leurs bras et leurs oreilles, comme si elles craignaient de
cacher l'endroit par où elles pourraient plaire, ou de ne pas se montrer assez. Ceux qui habitent cette contrée ont une physionomie qui n'est pas nette, mais confuse, embarrassée dans une
épaisseur de cheveux étrangers, qu'ils préfèrent aux naturels et dont ils font un long tissu pour couvrir leur tête : il descend à la moitié du corps, change les traits, et empêche qu'on ne
connaisse les hommes à leur visage. Ces peuples d'ailleurs ont leur Dieu et leur roi : les grands de la nation s'assemblent tous les jours, à une certaine heure, dans un temple qu'ils nomment
église ; il y a au fond de ce temple un autel consacré à leur Dieu, où un prêtre célèbre des mystères qu'ils appellent saints, sacrés et redoutables ; les grands forment un vaste cercle au pied
de cet autel, et paraissent debout, le dos tourné directement au prêtre et aux saints mystères, et les faces élevées vers leur roi, que l'on voit à genoux sur une tribune, et à qui ils semblent
avoir tout l'esprit et tout le coeur appliqués. On ne laisse pas de voir dans cet usage une espèce de subordination ; car ce peuple paraît adorer le prince, et le prince adorer Dieu. Les gens du
pays le nomment; il est à quelque quarante-huit degrés d'élévation du pôle, et à plus d'onze cents lieues de mer des Iroquois et des Hurons.
- MONTESQUIEU " Lettre C" Les Lettres Persanes
Je trouve les caprices de la mode, chez les Français, étonnants. Ils ont oublié comment ils étaient habillés cet été; ils ignorent
encore plus comment ils le seront cet hiver: mais surtout on ne saurait croire combien il en coûte à un mari, pour mettre sa femme à la mode.
Que me servirait de te faire une description exacte de leur habillement et de leurs parures? Une mode nouvelle viendrait détruire tout mon ouvrage, comme celui de leurs
ouvriers; et, avant que tu eusses reçu ma lettre, tout serait changé.
Une femme qui quitte Paris pour aller passer six mois à la campagne en revient aussi antique que si elle s'y était oubliée trente ans. Le fils méconnaît le portrait de sa
mère, tant l'habit avec lequel elle est peinte lui parait étranger; il s'imagine que c'est quelque Américaine qui y est représentée, ou que le peintre a voulu exprimer quelqu'une de ses
fantaisies.
Quelquefois les coiffures montent insensiblement; et une révolution les fait descendre tout à coup. Il a été un temps que leur hauteur immense mettait le visage d'une femme
au milieu d'elle-même: dans un autre, c'était les pieds qui occupaient cette place; les talons faisaient un piédestal, qui les tenait en l'air. Qui pourrait le croire? Les architectes ont été
souvent obligés de hausser, de baisser et d'élargir leurs portes, selon que les parures des femmes exigeaient d'eux ce changement; et les règles de leur art ont été asservies à ces fantaisies. On
voit quelquefois sur un visage une quantité prodigieuse de mouches, et elles disparaissent toutes le lendemain. Autrefois les femmes avaient de la taille, et des dents; aujourd'hui il n'en est
pas question. Dans cette changeante nation, quoi qu'en dise le critique, les filles se trouvent autrement faites que leurs mères.
Il en est des manières et de la façon de vivre comme des modes: les Français changent de moeurs selon l'âge de leur roi. Le monarque pourrait même parvenir à rendre la nation
grave, s'il l'avait entrepris. Le prince imprime le caractère de son esprit à la cour, la cour à la ville, la ville aux provinces. L'âme du souverain est un moule qui donne la forme à toutes les
autres.
De Paris, le 8 de la lune de Saphar, 1717.
Ces trois textes parlent de la vie sous la monarchie (Louis XIV et Louis XV) et ds modes et coutumes en vogueur à cette époque. La fable de La Fontaine traite de la
volonté de s'élever socialement au point d'en payer de sa vidu colmportement des membres de la Cour. Ce désir de ressembler au Roi, de lui plaire est présent dans les oeuvres de La Bruyère et de
Montesquieu. Ce dernier explique dans un roman épistolaire et au travers du regard de deux étrangers venus de Perse les coutumes de la vie à la Cour et l'admiration du peuple pour son
monarque. La Bruyère fait de même et décrit même avec force de détail la fascination du peuple pour le souverain. LA FONTAINE se plait à critiquer la Cour et à en mesurer toutes les perfidies. Le
Roi est un monarque absolu, il a tous les droits, tous les pouvoirs et régne en maitre sur son pays et sur ses sujets. Autour de lui il y a les nobles dont certains composent la Cour et chacun se
plait à suivre les désirs du Roi. LA BRUYERE explique qu'à léglise on tourne le dos au prêtre et on se place face au Roi, MONTESQUIEU insiste sur les caprices de la mode nécessaires voire
obligatoires à la Cour et enfin LA FONTAINE précise qu'on ne peut facilement aller contre la volonté du Roi au risque de ne plus paraitre en sa présence.
Pour présenter les auteurs allez sur :
LA FONTAINE
http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_de_La_Fontaine
MONTESQUIEU
http://fr.wikipedia.org/wiki/Montesquieu
LA BRUYERE
http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_de_La_Bruy%C3%A8re
Vous pouvez également lire quelques commentaires effectués sur le net sur ces oeuvres.
Pour les lettres Persanes
http://www.bacdefrancais.net/lettre-100.php
Pour La Fontaine
http://www.bacdefrancais.net/courlion.php
Pour La Bruyère
http://www.fichesdelecture.com/commande/commentaire/498/?id=1827&pid=7995
Comment présenter le groupement de textes ?
Il faut le faire de façon structurée et chronologique
1) - Présenter les auteurs et les époques
2) - Présenter les oeuvres
3) - Analyser les points communs entre ces oeuvres et répondre à la question
"De quelle façon le Roi est-il au centre des préoccupations de la Cour ?"
Je vous ai donné toutes les réponses à vous de mettre en forme ces informations. De plus vous n'en aurez pas besoin car je suis certaine que vous aurez votre Bac du
premier coup !!!!!
uneproftrèsconfiantementvotre,
sylvie