Jeudi 17 septembre 2009 4 17 /09 /Sep /2009 08:00
Le détour est un vaste sujet qui pousse le lecteur à réfléchir à toutes les sinuosités du problème.

Les textes qui se réfèrent au sujet sont très nombreux et dès le début de l'année les élèves s'inquiètent de ne pouvoir à terme en lire l'ensemble.

La collection étonnants classiques me semble la meilleure pour aborder les parties à étudier.

Il se présente ainsi :

- Détour et apprentissage : Michel SERRES nous explique dans un texte appelé "Tiers Instruit" que dès le début de l'apprentissage (scolaire) l'enfant doit accepter de devenir tiers et d'être différent de lui-même. Sortir de soi est le meilleur moyen de réussir son voyage vers la connaissance.

Jacqueline de ROMILLY
pour sa part dénonce l'immédiateté dans l'enseignement qui empêche toute transmission aux enfants des valeurs essentielles.

Jean-Pierre ASTOLFI  considère que l'erreur est essentielle à l'apprentissage, elle permet aux enseignants de mieux saisir les difficultés des apprenants.

- Détour et démarches intellectuelles : Nicolas MILLET explique qu'il est essentiel de réfléchir et que le philosophe est un vecteur important car il sait se détacher des choses (matérielles).

MONTAIGNE, humaniste du XVIe siècle préconise la liberté de penser par soi-même.

Michel BUTOR, combat l'esprit traditionnel du naturalisme du XIXe siècle et tente de redéfinir l'esthétique du roman.

ZWEIG dans "le joueur d'échecs" parle de son intérêt pour les échecs qui offrent une infinité de combinaisons et de stratégies. Il nous pousse à réfléchir sur la nécessité de penser par nous-mêmes et de développer les potentialités de notre esprit.

Maurice MARSHAAL, en nous rappelant la théorie des graphes nous explique que le chemin le plus rapide n'est pas toujours la ligne droite.

- Détour et Création : Beaudelaire privilégie la forme qu'il ne considère pas comme un détour du sens initial de l'oeuvre mais comme un moyen d'en faire émerger la signification profonde. Il utilise pour expliquer son propos la métaphore filée du Thyrse.

Umberto ECCO est semiologue et dans "Lector in Fabula" il défend la thèse de l'interactivité du texte écrit par l'auteur et lu par le lecteur. Le lecteur doit intervenir en interprétant ce qu'il lit ce qui définit le sens propre du récit.

Georges PEREC
dans "W et le Souvenir d'enfance" nous invite à un étrange voyage. En effet ce qui à la base devait être une autobiographie se révèle progressivement comme une disgression vers un monde imaginaire. L'auteur ne se dévoile pas vraiment et utilise un détour par la fiction pour dévoiler quelques vérités.

Léonora MIANO née en Afrique au Cameroun plus précisément dans son roman "Contours du jour qui vient" présente le parcours initiatique de Musango une jeune femme qui vit dans un pays imaginaire d'Afrique et qui tombée d'épuisement va s'endormir et rêver. Elle va se voir en vieille femme rencontrant son personnage jeune. Ce détour va lui permettre de s'affirmer et elle va pouvoir ainsi affirmer son existence.

Marina WARNER  écrit en 2008 "Bavarder avec Beckett" elle y parle du célèbre dramaturge qui avait la particularité décrire ses oeuvres en français. Elle considère cet exercice difficile comme un détour essentiel pour conserver vivant le rapport à sa propre langue.

- Le détour pour communiquer : Fontanier dans "les figures du détour" s'intéresse au figures de style et en particulier à la litote. Cette figure de style a des intentions de communication précises.

Denis SLAKTA analyse la politesse comme un détour, une précaution de langage dans "Grammaire de la politesse" écrit en 1992.

PLANTU
dans un dessin intitulé "Savoir vivre administratif" met en scène un policier et un jeune homme. Il démontre que la politesse est un code social qui devrait être naturel mais qui forcé tend à prouver qu'on est incapable de respecter l'autre.

Catherine MALLAVAL recueille en 2007 les propos de Georges LEBOUC dans un texte intitulé "Même le noir devient tabou". Ce dernier explique que la mode consite à éviter certains termes jugés offensants, choquants en les remplaçant par des équivalents plus doux.

Yvan AMAR dans "Diplomatie" analyse le langage diplomatique considéré comme un "must" du détour.

- le Détour pour convaincre, persuader ou tromper, FONTENELLE écrivain du Siècle des Lumières explique au travers d'une fable que l'homme doit observer et  juger pour faire avancer la société moderne.

LA FONTAINE écrit "Le pouvoir des Fables" en 1678 a utilisé les animaux pour parler de la Cour. Il jugeait que la fable permettait d'atteindre la vérité et l'instruction morale. La fable était argumentait implicitement mais révèlait une morale, explicite.

LA BIBLE et la "Parabole du bon samaritain" démontre que le but d ela Parabole est de transmettre au moyen d'un comparaison un enseignement religieux.

Alexandre WAJNBERG  "El Laborado" détourne volontairement un texte de Gérard de NERVAL "El Desdichado". Le mythe du poète maudit développé par de Nerval est transformé en complainte de l'ouvrier aliéné.

DIDEROT écrit "Jacques le Fataliste et son maitre" où il traite des discussions des deux hommes qui ne sont que parenthèses, disgressions, ruptures et rebondissements. A tel point que le sujet évoqué au début est laissé en suspens.

- Le Détour pour séduire : Le texte de Mademoiselle de SCUDERY trace un parcours intéressant celui de la séduction et des moyens que l'homme doit mettre en oeuvre pour séduire une femme. La femme magnifiée doit être honorée de l'amour absolu de son amant. Ce parcours fut ultérieurement transformé en carte du "pays du Tendre" par certains qui souhaitaient illustrer cette nouvelle façon d'aborder la relation amoureuse.

MOLIERE met en scène dans "les femmes savantes" Clitandre un jeune homme amoureux d'Henriette qui doit convaincre sa famille et particulièrement les femmes de la famille qui vouent un culte immodéré à la préciosité de l'utilité de son mariage avec la jeune femme. Mais au cours d'une conversation avec Bélise la tante d'Henriette il s'aperçoit que son propos est mal compris, en fait Bélise croit qu'il lui déclare sa flamme. Un quiproquo modifie le sens initial de la conversation.

Albert COHEN nous parle dans "Belle du Seigneur" de Solal et d'Ariane un couple illégitime qui parvenu au sommet de la passion amoureuse doit se heurter à ses limites. Le détour du langage par le jeu de rôle auquel Solal convainc Ariane de participer tracera une carte du Tendre qui loin d'être romantique est cynique.

CHODERLOS DE LACLOS met en scène Madame de MERTEUIL qui écrit à son ancien amant Le vicomte de VALMONT pour lui reprocher le temps qu'il passe auprès d'une conquête possible alors qu'il devrait être de retour pour servir ses projets à elle. VALMONT utiliserait le détour au lieu de prendre le chemin le plus rapide pour rentrer.

PERRAULT les contes du célèbre auteur n'étaient pas pour les enfants et lorsqu'on lit "le petit chaperon rouge" écrit dans un texte original doté d'une morale à la fin, on est certain. Les détours sont nombreux dans ce texte, le trajet prévu n'est pas respecté, la ruse est de mise et le message est interprétable.

- Le détour pour agir : CAILLOIS démontre que la société aristocratique de la Chine ancienne pensait qu'il n'était pas si important de gagner mais qu'il fallait vaincre au meilleur prix. La stratégie et la réflexion valait mieux que les joutes meurtrières et inutiles.

KEROUAC "Sur la route" est un road movie littéraire dans lequel l'auteur parle de ses encontres avec des marginaux qui vivent en dehors du "rêve américain". Il est l'initiateur de l'expression "la beat generation" cette génération qui refuse la cupidité du monde, qui conteste les valeurs bourgeoises et qui prone la recherche de la liberté.

BORGES a l'idée de réduire la frontière entre réel et fiction au point que les deux coexistent en toute liberté. Il utilise l'image du labyrinthe comme un moyen de faire une profonde introspection de soi-même.

MOITESSIER traite du même sujet puisque livré à lui-même sur un bateau il en perd son humanité au point de faire corps avec le navire. Ce détour lui révèlera qui il est vraiment au point de continuer un voyage qui devait s'arrêter.

- Le détour un art de se déplacer : Jean-Jacques ROUSSEAU décrit le voyage comme un moyen efficace de participer à l'apprentissage et l'éducation de l'homme moderne. Il favorise ainsi l'exercice de la pensée.

RIMBAUD a 16 ans lorsqu'il écrit "Ma Bohème", il s'est enfui de chez sa mère avec qui il est entré en conflit mais ce n'est pas sa première fugue, en fait le voyage lui permet de réfléchir et d'être libre.

Blaise CENDRARS prend le Transibérien et voyage lentement laissant ainsi son imagination wagabonder. C'est pour lui le plus sur moyen d'observer et de retranscrire à travers la poésie ses pensées.

BENABAR décrit une antimoderne qui ne souhaite pas arriver au plus vite à destination mais qui prend son temps.

BOUVIER est un grand voyageur et il va visiter un grans nombre de pays tout au long de sa vie "Chroniques japonaises" parle d'un de ces voyages qu'il fit en 1964. Il repartit au japon en 1975.

Le guide du Routard propose des voyages à travers le monde en privilégiant quelques détours.

- le détour comme art de vivre : BRILLAT-SAVARIN dans "la physiologie du goût" explique qu'en politique le détour par la gastronomie est un art de vivre.

Patrick GRAINVILLE 
met en scène le Virginal un peintre qui s'est installé à Los Angeles et qui croit que l'art est un détour qui mène à la vie.

MONTAIGNE prône l'ouverture d'esprit et revendique le droit de changer d'avis en revendiquant pleinement le détour.

compilationnement votre,
sylvie









 
Par Sylvie CASSEZ - Publié dans : BTS 2009 2010
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